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IVI vs diagnostic immobilier obligatoire : deux missions, deux documents

IVI chiffre les travaux avant offre ; le diagnostic légal informe sur amiante, DPE, électricité. Différences, coûts et usage en 2026.

Rédaction IVI4 min de lecture

En bref

Le diagnostic immobilier obligatoire (DPE, amiante, plomb, électricité, gaz, termites, ERP) est un dossier légal fourni par le vendeur : il décrit des risques et l’état de certains réseaux, sans chiffrer les travaux. IVI produit une estimation par poste pour l’acheteur, dès 29,99 € en visite vidéo ou 49,99 € sur place. Les deux se complètent : le DDT (dossier de diagnostic technique) alerte, IVI convertit ces alertes en fourchettes budgétaires avant l’offre.

Ce que dit la loi sur les diagnostics

Avant la signature du compromis, le vendeur doit remettre le dossier de diagnostic technique (DDT). Selon service-public.fr, ce dossier regroupe notamment le DPE, le diagnostic amiante (si permis de construire antérieur au 1er juillet 1997), le CREP plomb (si construction avant 1949), l’état de l’installation intérieure d’électricité et de gaz (si plus de 15 ans), l’ERP (état des risques et pollutions) et, selon les zones, termites ou mérule.

Ces documents ont une valeur d’information et, pour certains, de protection de l’acheteur (vices cachés liés à l’amiante ou au plomb non déclarés). Ils ne fixent aucun prix de travaux et ne remplacent pas une visite technique de chiffrage.

Ce que fait IVI (et ce qu’il ne fait pas)

IVI envoie un artisan qualifié pour estimer les postes visibles : électricité, plomberie, chauffage, humidité, menuiseries, second œuvre, finitions. Le rapport donne une fourchette basse et haute par lot, avec les points non évalués faute d’accès. Tarif : 29,99 € en visite vidéo, 49,99 € en visite sur place.

IVI ne délivre pas d’attestation réglementaire, ne mesure pas les fibres d’amiante, ne réalise pas de mesurage CREP et n’engage pas le vendeur. Ce n’est pas un devis contractuel : les devis fermes restent à obtenir auprès d’entreprises après le compromis.

Comment lire le DDT pour préparer le chiffrage

Un DPE F ou G oriente vers isolation, menuiseries et système de chauffage : en province, une rénovation énergétique ciblée se situe souvent entre 15 000 et 50 000 € ; en Île-de-France, ajoutez 15 à 25 %. Un diagnostic électricité avec anomalies (absence de différentiel 30 mA, terre défaillante) laisse prévoir 80 à 150 € par m² pour une remise aux normes NF C 15-100 sur un appartement ancien.

Le CREP plomb positif sur les peintures peut entraîner un traitement localisé (quelques centaines à quelques milliers d’euros) ou un décapage plus lourd. L’amiante, s’il est présent et à retirer avant travaux, change complètement le planning et le budget : le désamiantage est réglementé et facturé à part.

Quand combiner les deux avant l’offre

Si le DDT signale plusieurs alertes (DPE G + électricité + humidité visible sur les photos), commander IVI avant l’offre évite de sous-estimer le prix réel d’occupation. Sur un marché tendu, attendre trois devis d’artisans avant de faire une offre fait souvent perdre le bien : le chiffrage IVI sous 48 heures comble ce trou de temps.

Après acceptation de l’offre et compromis, utilisez le rapport IVI comme cahier des charges pour solliciter des devis précis. Les banques exigent en général des devis signés pour la partie travaux du prêt, pas une estimation indicative.

Pièges fréquents côté acheteur

Premier piège : croire que « diagnostics OK » signifie « pas de travaux ». Un DPE C et une électricité sans anomalie majeure n’excluent ni une cuisine à 8 000-15 000 € ni une salle de bain à 5 000-12 000 €.

Deuxième piège : demander à l’agent immobilier de « chiffrer » à partir du DDT. L’agent n’est pas tenu de fournir une estimation de travaux et a un intérêt à préserver le prix affiché. Troisième piège : confondre le coût du DDT (à la charge du vendeur, souvent 300 à 600 € selon le bien) avec le besoin d’un chiffrage acheteur.

À retenir

  • Le DDT est obligatoire à la vente (Code de la construction et de l’habitation) ; IVI est un service privé d’aide à la décision, jamais un substitut légal.
  • Un DPE F ou G ou un diag électricité « anomalies » n’indique pas le montant des travaux : comptez souvent 8 000 à 40 000 € selon le bien et la zone.
  • En Île-de-France, majorez les fourchettes de rénovation de 15 à 25 % par rapport à la province pour la main-d’œuvre.
  • Séquence utile : lire le DDT, commander IVI (29,99 ou 49,99 €), négocier, puis demander des devis fermes après le compromis.
  • IVI n’est ni un devis d’entreprise ni un diagnostic réglementaire.

Questions fréquentes

IVI remplace-t-il le diagnostic immobilier ?

Non. Les diagnostics obligatoires restent à la charge du vendeur et font partie du DDT. IVI est un service d’estimation de travaux pour l’acheteur, distinct du cadre légal.

Le DPE donne-t-il déjà le coût des travaux ?

Non. Le DPE classe la performance énergétique et peut recommander des travaux, sans fourchette budgétaire opposable. Un chiffrage par poste (IVI ou devis) reste nécessaire.

Qui paie le DDT et qui paie IVI ?

Le vendeur paie les diagnostics obligatoires. L’acheteur paie IVI (29,99 € en vidéo, 49,99 € sur place) s’il veut un budget travaux avant l’offre.

Un diag électricité « anomalies » suffit-il pour négocier ?

Il justifie une alerte, pas un montant. Pour négocier, une fourchette chiffrée (remise aux normes 80-150 €/m² hors IdF, plus en IdF) est plus convaincante qu’un simple libellé d’anomalie.

Faut-il refaire les diagnostics après une visite IVI ?

Non. IVI ne produit pas de diagnostic réglementaire. Les diagnostics déjà établis pour la vente restent ceux du DDT, sauf obligation de mise à jour selon leur durée de validité.

Sources

Les prix cités sont des ordres de grandeur, hors aides. Ils varient selon la région, l’accès et l’état réel du bien. Seul un devis engage une entreprise.